De la désinfection aux conseils, le verrou sanitaire quadrille Kinshasa contre Ebola

Mardi 26 juin à 10 heures 35, un bateau en provenance du Kasaï accoste au port de Bende Bende dans la commune de Maluku à Kinshasa. Spray désinfectant au dos, petit bassin en mains, Geneviève Boduka attend patiemment des dizaines de passagers pour les désinfecter. C’est le début d’un processus mis au point à tous les points d’entrée à Kinshasa par le Programme national de l’hygiène aux frontières, appuyé entre autre par l’agence de coopération japonaise en RDC (JICA) pour épargner la capitale congolaise de l’infection à l’épidémie d’Ebola et l’épidémie du choléra.

« Nous sommes là depuis le 23 mai. Nous enregistrons à ce poste jusqu’à 7 ou 8 bateaux par jour pour des milliers de passagers. Jusque-là, nous n’avons enregistré aucun cas d’Ebola. Mais nous continuons », déclare-t-elle à Kinshasatimes.

L’agent de la santé publique Geneviève Boduka observe d’abord les symptômes du virus Ebola et du choléra sur le passager. Il n’y en a pas, elle pulvérise du chlore dans un petit récipient contenant de l’eau. Le passager y trempe ses deux pieds. Juste après, il se dirige vers les sceaux d’eau chlorée pour se laver les mains. « C’est une manière de rompre la chaine épidémiologique. En descendant du bateau, le passager peut-être porteur des germes. Mais lorsqu’il met ses pieds dans l’eau contenant du chlore, les probables germes aux pieds sont détruits. Mais pas ceux des mains. Il faut encore un lavage de mains pour être plus ou moins sûr que la personne a été désinfectée », explique le chef du site de contrôle de Bende Bende, le docteur Lionel Mbumba.

La certitude n’est acquise que lorsque le passager franchi la troisième étape : celle du prélèvement de la température à l’aide du thermoflash. S’il indique chez le passager une température inférieure à 38 degrés, il n’y a pas de souci. Le patient se voit attribué une fiche de police sanitaire qui atteste de sa bonne santé. Au-delà, un mégaphone positionné juste à coté de l’examinateur déclenche une alarme.

A défaut de cas réel, l’équipe du Programme national d’hygiène aux frontières fait une simulation d’un cas suspect pour donner au Représentant pays de la JICA, Kazunao Shibata et le Directeur général du PNHF, Docteur Oscar Mavila l’image de la suite du processus de contrôle des passagers en provenance de la province de l’Equateur et du Kasaï, provinces affectées respectivement l’épidémie d’Ebola et du choléra.

Deux agents de l’équipe d’intervention rapide protégés par des combinaisons, masques, bottes et gants courent sur le présumé patient, le transportent vers un isoloir temporaire. Geneviève Boduka les suit pas à pas et pompe du chlore sur leurs pas, les vomissures imaginaires du patient, le sang qui coule de son nez pour éliminer tout risque de contagion sur ce parcours. Le patient placé en quarantaine, l’équipe d’intervention rapide appelle l’équipe de prise d’Urgence de Kinkole ou le superviseur du programme, le Dr Mayemba. C’est la transition entre le screening, l’observation primaire, et l’observation secondaire avant que le cas suspect soit confirmé au niveau du labo, dernière étape du processus de contrôle.

Mais là, ce n’était qu’une petite simulation. Aucun passager de ce bateau en provenance du Kasaï n’a présenté ni les symptômes de la maladie à virus Ebola ni ceux du choléra. Tout le monde est en bonne santé mais les médecins prodiguent au moins des conseils aux uns et aux autres pour les aider à éviter la maladie à virus Ebola et le choléra.